Newsletter 3 – Sept 2025 Combien vous coûte vraiment une chambre vide ?
Vous avez été nombreux à réagir à notre newsletter d’août.
Et parmi vos retours, une question est revenue à plusieurs reprises :
“Combien me coûte vraiment une chambre vide ?”
Pour septembre, nous avons donc choisi de nous attaquer à ce sujet, souvent jugé impossible à trancher : calculer le coût réel d’une chambre vide.
1. Une chambre vide ne coûte jamais rien.
1. Les coûts fixes ne s’arrêtent jamais
Qu’elle soit occupée ou non, chaque chambre continue de peser sur vos charges : loyer ou remboursement d’emprunt, salaires permanents, abonnements (PMS, internet), assurances, amortissements, taxes….
Ces frais tournent 365 jours par an, que la clé reste sur le tableau ou non. Autrement dit : une chambre vide ne réduit pas vos dépenses, elle les répartit simplement sur moins de revenus.
2. Les revenus annexes disparaissent aussi
Un client hébergé ne rapporte pas uniquement via sa chambre. Il prend un petit-déjeuner, consomme au bar, réserve une table au restaurant, profite du spa, paye le parking…
Toutes ces ventes additionnelles disparaissent quand une chambre reste inoccupée. Et contrairement à une chambre vendue en last minute, aucune journée suivante ne peut rattraper le chiffre d’affaires manqué.
3. Le coût invisible sur vos équipes
Un hôtel à moitié vide ne se voit pas seulement dans vos comptes : il se ressent aussi en interne.
- Moins d’interactions avec les clients = une réception qui semble tourner au ralenti.
- Des journées creuses = du temps mort qui démotive vos équipes.
- Situation extrême : un collaborateur s’ennuie toute la journée et, à 17h55, voit arriver un client. Sa frustration se traduit par un accueil bâclé, qui peut nuire à la satisfaction et à la fidélisation.
Bref, une chambre vide pèse aussi sur l’énergie de votre équipe et sur la qualité du service rendu.
4. L’effet sur l’expérience client
Un hôtel qui “sonne creux” peut donner une impression négative : moins d’ambiance, moins d’énergie, un accueil moins chaleureux. Même avec un service professionnel, la perception de valeur et l’envie de revenir peuvent en souffrir.
Et il y a un paradoxe : certains clients se disent « l’hôtel est vide, ils auront le temps de s’occuper de nous ». Résultat : leurs attentes montent. Ce public devient plus exigeant, plus attentif au moindre détail.
Si vous n’êtes pas irréprochable, le risque d’insatisfaction augmente.
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2. Jouer sur les seuils de rentabilité
Passer de 80 % à 85 % de taux d’occupation peut sembler marginal, mais c’est souvent la différence entre un mois correct et un mois excellent.
À l’inverse, viser 90 % peut parfois coûter plus cher que ça ne rapporte si les tarifs baissent trop ou si les coûts variables explosent.
Calculer son seuil de rentabilité est alors nécessaire si votre objectif n’est pas de remplir à tout prix, mais de remplir intelligemment.
3. Combien coûte une chambre vide ?
On parle beaucoup de taux d’occupation ou de prix moyen, mais rarement du coût réel d’une chambre vide. Pourtant, c’est ce chiffre qui vous aide à décider s’il vaut mieux vendre à un tarif plus bas ou laisser la chambre inoccupée.
Une chambre vide coûte sur trois plans :
- Coûts fixes : loyer, salaires, abonnements, taxes… qui tournent 365 jours/an. Même une chambre inoccupée consomme 8 à 20 kWh/jour (≈1,5–3,5 €).
- Marge non réalisée : ADR net – coûts variables (ménage, petit-déjeuner, consommables, énergie).
- Revenus annexes manqués : bar, restaurant, spa, parking, upsells.
⇒ En pratique, calculez comme ceci :
- Vos coûts fixes par chambre/jour.
- Vos coûts variables moyens par chambre occupée.
- Votre marge de chambre (ADR net – coûts variables).
- Vos revenus annexes moyens par chambre.
Un tel indicateur vous aide à éviter le bradage inutile, à mesurer l’impact réel du vide en euros, et à décider quand remplir ou non.
4. News HotelPartner
📍 Mardi dernier, à l’hôtel Sixteen
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