Période creuse : le moment où la rentabilité se joue vraiment
Selon les analyses de performance hôtelière menées en Europe, entre 60 et 70 % du résultat annuel d’un établissement se joue sur une partie limitée des nuits vendues, celles où la demande est moins lisible, plus instable et plus sensible aux décisions prises.
Autrement dit, la rentabilité ne dépend pas uniquement du volume, mais surtout de la manière dont certaines nuits clés sont pilotées.
Ce ne sont donc pas les pics de haute saison qui fragilisent un hôtel. Ce sont les phases intermédiaires, les semaines creuses, les jours mal identifiés, là où chaque décision tarifaire, chaque restriction et chaque choix de distribution a un impact direct sur la marge.
En pratique, les nuits de forte demande se vendent plus facilement. Les décisions qui créent ou détruisent de la valeur se prennent ailleurs. C’est hors des pics que se jouent les arbitrages les plus sensibles : déclencher ou non une remise, maintenir ou assouplir une restriction, ouvrir ou limiter certains canaux, ajuster le niveau de flexibilité des conditions de vente. La marge se joue là où la demande n’est pas évidente.
C’est précisément ce que l’on appelle une période creuse.
Pas un simple ralentissement d’activité, mais un véritable stress test du pilotage. Elle révèle très vite si la stratégie repose sur une lecture fine de la demande ou sur une succession de réactions défensives.
Et c’est exactement dans ces périodes que se creusent les écarts de performance entre les hôtels qui pilotent et ceux qui subissent.
Période creuse : les erreurs qui coûtent cher
En période creuse, la marge d’erreur est très faible. La demande est plus instable, les volumes plus fragiles, et chaque décision a un impact immédiat sur la marge. Les arbitrages se font alors souvent plus rapidement, parfois sans disposer de tous les signaux nécessaires, et peuvent fragiliser la performance.
Dans ce contexte, certains points de vigilance reviennent fréquemment et méritent une attention particulière.
1. Ajuster les prix trop vite, sans lire la demande
La baisse de rythme est fréquemment interprétée comme une absence de demande. Les prix sont ajustés avant même d’avoir analysé les signaux disponibles. Résultat : la valeur est dégradée, sans création réelle de demande supplémentaire.
2. Accumuler des restrictions mal positionnées
Minimum stay, conditions de vente rigides, règles héritées de périodes plus tendues. Ces restrictions réduisent la visibilité et compliquent la conversion, précisément au moment où l’hôtel devrait être plus accessible.
3. Piloter avec de mauvais indicateurs
Taux d’occupation global, moyennes peu pertinentes, comparaisons mal contextualisées. Les indicateurs réellement utiles en période creuse, comme le pick-up par date ou l’évolution des recherches, sont souvent analysés trop tard.
4. Ignorer les signaux faibles
Un pick-up qui repart, une hausse de recherches, un événement local à venir. Ces signaux existent, mais ne sont pas intégrés dans la prise de décision au bon moment.
5. Ne pas faire évoluer l’offre
La demande change, mais l’offre reste identique. Les produits, les inclusions et les conditions ne sont pas adaptés à la clientèle réellement présente sur le marché.
6. Manquer de flexibilité commerciale
Des conditions d’annulation ou de séjour trop rigides freinent une demande déjà plus hésitante.
7. Réduire la visibilité
Certains établissements coupent leur présence marketing ou se retirent de certains canaux. La demande résiduelle existe encore, mais l’hôtel n’est plus visible.
Le résultat est presque toujours le même :
- Soit le remplissage ne progresse pas,
- Soit il progresse au prix d’une forte érosion de la marge,
- Soit les décisions arrivent trop tard, dans l’urgence.
Période creuse : les leviers qui font la différence
Une période creuse bien pilotée ne repose pas sur une multiplication d’actions, mais sur une hiérarchisation claire des priorités. Lorsque la demande est plus instable et les volumes plus fragiles, tous les leviers n’ont pas le même impact. L’enjeu n’est donc pas d’agir partout, mais de concentrer les décisions sur ce qui influence réellement le revenu, la visibilité et la valeur perçue, au bon moment.
1. Mettre en place une stratégie tarifaire dynamique et lisible
L’enjeu n’est pas de baisser ou d’augmenter les prix, mais de savoir pourquoi, quand et sur quelles dates. Les ajustements efficaces sont cadrés, cohérents avec le marché et alignés avec le positionnement de l’établissement. Une stratégie lisible protège la valeur tout en restant réactive.
2. Cibler les segments encore actifs
Toutes les clientèles ne disparaissent pas en période creuse. Certaines continuent de réserver, d’autres deviennent marginales. Le pilotage efficace consiste à identifier les segments réellement présents et à adapter prix, conditions et canaux en conséquence. Piloter une période creuse pour des segments absents revient à diluer l’effort sans impact.
3. Travailler la valeur, pas uniquement le prix
La remise brute est rarement le levier le plus performant en période creuse. Ce qui fonctionne davantage repose sur une proposition plus claire et plus attractive.
Les leviers les plus efficaces sont souvent :
- des packages lisibles,
- des extras utiles,
- une flexibilité accrue,
- une expérience mieux mise en avant.
La valeur perçue soutient le revenu. La remise sèche l’érode.
4. Lire les signaux en continu
Une période creuse n’est jamais figée. Le rythme de réservation évolue, les recherches précèdent parfois les ventes, des opportunités ponctuelles apparaissent. Le pilotage consiste à observer ces signaux et à ajuster au bon moment, avant que la fenêtre ne se referme.
5. Activer la clientèle locale intelligemment
La clientèle locale n’est pas une solution par défaut. C’est un segment à part entière, avec ses attentes spécifiques. Les offres de staycation les plus efficaces sont :
- Géociblées,
- Cohérentes avec l’image de l’hôtel,
- Pensées comme une expérience, pas comme une promotion déguisée.
En bref : moins de réactions réflexes, plus de décisions utiles
La différence entre une période creuse subie et une période creuse maîtrisée ne tient ni à la multiplication des actions, ni à la sophistication des outils. Elle tient à la capacité à lire la demande réelle, à prioriser les bons leviers et à exécuter une stratégie cohérente.
Une période creuse n’est pas un moment à passer.
C’est un moment à piloter.

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